Réunion Via Atlantica


Le 16 octobre 2018 était organisé à Bruxelles une réunion concernant le projet ferroviaire de la Via Atlantica visant à relier l'Est à l'Ouest de l'Europe pour le transport de passagers et le transport de marchandises par le rail. 

Un membre du réseau a assisté à la réunion et nous publie son compte rendu.


1. Via Atlantica et Lyon – Turin


Mercedes Bresso : MEP


« Transformer le système de transport pour lutter contre le réchauffement climatique ». Le transport de marchandise permettra le rééquilibrage Nord – Sud. Vide impressionnant dans le réseau européen dans le massif central.

Une partie du sud/centre sud de la France est peu reliée, de même pour l’Espagne.

Nous les italiens du nord nous sommes passionnés pour ce projet, les alpes ne doivent plus être un obstacle mais une opportunité.

Il faut finaliser ce réseau de transport, c’est le moment opportun si nous voulons tenir ces exigences, il faut mobiliser et le faire savoir aux institutions européennes. Plus que jamais il est clair que le transport ferroviaire est l’avenir pour les relations terrestres.

Le transport par la route est un problème pour la décarbonisation de nos économies, le moment est venu de passer au train. Il est important de couvrir des parcours moyens et longs par le train.

Il faut faire des investissements à LT, ils sont nécessaires à l’Europe et doivent être financés.

C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Les chemins de fer ont été un moteur de développement au XIXe siècles, au XXIe ils peuvent être un moteur de croissance durable.


Antoine Menégaux : Président d’ALTRO

TAA : transversale Alpes-Atlantique publiée en 2000, prémisse du projet.

A pris la présidence avec pour objectif de clarifier l’objectif d’ALTRO.

Le RTE-T sans la Via Atlantica c’est le désert français.

Quelques détracteurs parleront de projet pharaonique. Pas de problèmes techniques pour traverser le massif central.


Michel Caniaux : Chef du projet

Le dernier colloque était ici même il y a 3 ans.

Bilbao – Turin est la poutre porteuse. Il n’y a pas qu’un problème d’infrastructure mais de projet territorial. Nouvel espace à développer.

Turin devait adhérer au projet, mais à avorté à cause de la victoire du M5S.

Volonté de partager une vision globale, chacun a des projets comme le projet Bordeaux – Espagne.

Il faut donner du sens à ces projets au près des populations pour ne pas que ces projets se fassent contre elles.

Il faut aujourd’hui construire un réseau européen et non un réseau national. Il y a un conteste politique défavorable et favorable avec le réchauffement climatique. Il faudrait investir massivement dans le rail et arrêter d’investir dans le réseau routier.

La nouvelle route de la soie appelle à des réflexions nouvelles.

Il faut former un FERMED Atlantique pour faire un lobby et donner une dynamique à ces projets.

On va rentrer dans les élections européennes, ici il y a un argument de dire que sans l’Europe ce projet ne se fera pas. Les élections européennes sont un moyen de faire avancer ce projet.


Sergio Chiamparino : Président de la Région du Piémont (Italie)

J’espère que le thème de la Via Atlantica sera pleinement pris en considération, projet qui vise le long terme, il faut pousser l’idée de manière progressive, étape importante, dans l’état actuel des choses il est nécessaire de faire cela, cet anneau vient renforcer et faire le système de l’infrastructure ferroviaire entre l’est et l’ouest.

Si le système n’est pas bouclé, s’il y a des trous dans ce réseau, on va payer le prix de la construction de ce morceau manquant, le développement suivra d’autres voies.

Le fait que le réseau ferroviaire soit une chose complète est une chose dans laquelle nous devons nous engager.

Il faut renforcer un thème depuis plusieurs années, Turin – Lyon, sert à mettre en liaison deux villes, cela permet de connecter le nord de l’Italie très riche avec l’ouest de l’Europe et l’est de l’Europe. Donne tout son poids à ce projet. Engagement récent de la commission se dit décidée à investir plus sur le Lyon – Turin.


Wojciech Sopinski : Collaborateur du corridor méditerranée

La Via Atlantica créerait une synergie entre le corridor méditerranée et atlantique. Il est nécessaire à travers la Via Atlantica de mieux explorer les ressources logistiques et le tunnel ferroviaire Lyon-Turin.

La Via Atlantica n’est pas une solution à CT mais à LT, pourrait à l’avenir être utilisée via différents programmes et initiatives, dans le conteste d’initiative pris par la Commission Européenne dans le cadre du RTE-T.

Comme la Via Atlantica actuelle a différents centres, la Commission propose un résultat final de cette proposition, c’est de passer des centres vers le réseau dans son ensemble, ça pourrait vouloir dire que même maintenant la Via Atlantica reflèterait ce glissement du central vers le global.

Dans le cadre de la révision des lignes directrices RTE-T, nous donnera la possibilité d’ajuster certains paramètres standard du projet de RTE - T.

Il faut avoir le soutien de vos gouvernements nationaux pour y arriver.


Stéphane Guggino : Représentant de l’association Transalpine Lyon – Turin

Nous sommes persuadé que le projet l’emportera sur le conteste politique italien. Le Lyon – Turin est le maillon central du corridor Méditerrané, il est essentiel de le préciser.

Le transport transfrontalier : 8% passe par le train et 92% par la route, chaque jour le nombre de poids lourds en transit augmente de 250.

La Via Atlantica est dans une logique de prolongement du Lyon – Turin, offre un hinterland plus large aux ports de la façade atlantique.

Le comité pour la transalpine regarde d’un œil très positif l’horizon que peut représenter la Via Atlantica.


2. Via Atlantica et l’ouest de la péninsule ibérique

Inés Ayala-Sender : MEP

Je suis sensible à l’aménagement des côtes. Il faut approprier les populations au projet et les économies. L’Aragon avait le projet de traversée centrale des Pyrénées abandonné dans le court terme. Nous sommes revenus sur le projet Canfranc coupé depuis un accident datant des années 1970.

J’ai été surprise de l’absence de voie est-ouest. J’ai cru à un nouveau tracé, il faut voir comment arriver avec une nouvelle façon de voir les financements.

Il faut prendre une force de grande haleine, c’est un marathon.


Juan-Carlos Suarez : Vice-Président de la communauté autonome de Castilla y León (Espagne)

Nous volons défendre tout ce qui est fait par ALTRO pour défendre la façade atlantique des ports qui est délaissée. ALTRO lutte depuis 20 ans pour ces connexions, volonté ce connecter l’est et l’ouest.

Nous sommes un territoire d’influence important par notre proximité à ces ports, nous mettons à profit ces opportunités pour défendre nos intérêts. Nous voulons mettre cette connexion en valeur. Notre objectif est de mettre fin à l’isolement d’une partie importante, la corniche atlantique. Cette fracture territoriale nous fait souffrir.

Nous voulons aussi réduire le transport routier pour le transport ferroviaire.

Nous avons le soutien d’ALTRO, dans nos projets. Nous avons travaillé avec les différentes régions de l’Europe.

Il y a là de grandes opportunités que nous devons saisir, il faut que cet axe puisse réellement se concrétiser. Nous travaillons avec divers partenaires pour se faire. Nous voulons être complémentaire avec la Via Atlantica.


Carlo Secchi : Coordinateur du corridor atlantique

Je considère que la Via Atlantica est un projet ayant énormément de sens. Nous ne pouvons pas avoir une situation sans système de corridor horizontal. Il faudrait que toutes ces lignes européennes soient connectées, il faut aller au nord mais aussi aller vers l’est.

Je veux ajouter des remarques liées à l’actualité, cette évolution est suggérée avec force avec le cadre financier pluriannuel, il y a aussi la révision du RTE-T, en tenant compte également du fait que ce n’est pas une évolution normale, nous avons la discontinuité du BREXIT.

La carte sans la Via Atlantica montre une forme vide en forme de saucisse avec deux connexions très éloignées l’une de l’autre. Si l’on n’a pas d’alternatives, avec la survenue d’un incident il n’y pas d’autre itinéraire.

Le BREXIT impose de réviser la politique du RTE-T. Le R.U pourrait avoir un statu proche de celui de la Suisse, problème de l’Irlande demandant de meilleures connexions maritimes avec l’Europe continentale.

Tout cela aura un impact extrêmement positif pour les ports de l’atlantique. Une chose va se passer en étroite collaboration entre le corridor nord et le corridor atlantique, renforce les arguments d’une connexion horizontale comme la Via Atlantica.

Je ne peux prendre aucun engagement, il faut rester vigilant et de continuer à étudier le problème.


3. Via Atlantica et ports de l’Atlantique et leur hinterland mais aussi le triangle « Aquitaine-Bretagne-Alpes ».

Dominique Riquet : MEP

Je suis le seul à n’avoir aucun intérêt régional dans l’affaire. Il n’y a pas de doute sur l’intérêt général de ce projet. Il y a un énorme vide à combler en Espagne mais surtout en France.

La première chose qui m’avait motivé c’est la structuration de l’arc atlantique, il y a des tas de zones structurées en Europe mais pas l’arc atlantique. Cet arc n’est si structuré ni organisé.

Parlons nous de frets et de passagers ou de l’un ou l’autre ? Les structurations économiques ne sont pas les mêmes. Au niveau régional le projet passager l’emporte sur le fret. « Les politiques et les associations représentent des hommes et non des containers. » Ce point mériterait d’être précisé, comme les problèmes d’électrification. (X6 sur la rénovation d’une ligne en l’électrifiant).

Le Bordeaux – Toulouse ferme la route au sud, port en germe la mort de votre proposition et aggrave l’absence de connexion sur le barreau ouest et laisse enclavé tout le pays basque et l’Espagne côté atlantique.

J’ai été surpris par votre présentation générale, je ne voyais pas les choses comme ça, je le voyais comme connecter l’arc atlantique au reste de l’Europe.

Lors des discussions en annexe de ce projet, Lyon n’était pas d’avis sur cette idée. Pour le ministère des transports Lyon est connecté à Nantes via Paris, axe saturé et plus long.

Lyon est un choix qui mérite d’être discuté car il est saturé. Intéressant pour le Lyon – Turin mais serait plutôt un inconvénient. Il faudrait étudier un tracé vers Dijon plus intéressant ouvre le corridor de la Ruhr. Le point de départ doit être l’axe atlantique et non le Lyon – Turin.

Je fais des remarques d’une nature différente.

Concernant le problème financier, quoi en terme de subvention et en terme de financement ? Ce sujet soit être envisagé comme un élément de l’opération. Ce n’est pas sans intérêt sur la possibilité de réaliser.

Il faut peser le rapport entre son coût et ce qu’il apporte aux gens.

Le triangle Limoges – Poitiers – Angoulême sur le plan passager, sujets importants et intéressants, pèse sur le concept de ce projet, je pèse mal leur importance et les problèmes économiques et financiers. Ce sont des remarques européennes.


Luis Gabiola : directeur du port de Bilbao 

Le port de Bilbao est un des ports centraux de l’arc atlantique, sert au transport des personnes et des biens à travers notre territoire, c’est l’un des principaux ports de la baie de Gascogne, il représente 15% du PNB de l’Espagne.

Le trafic représente 41% du commerce de l’Espagne avec la zone atlantique de l’Europe, 95% du fret transporté est précieux, nous sommes la porte de communication entre l’Espagne et le port de l’Atlantique.

Avec le R.U nous sommes les premiers nous avons 35%, nous sommes le deuxième avec la quantité d’exportation et d’importation. Nous avons des liquides et des solides, du VRAC, des portes conteneurs, … C’est une importance stratégique que nous soyons connectés comme un espace méditerranéen.

20% du trafic de marchandise du port de Bilbao passe par le rail. 80% de ces 20% proviennent de la région européenne de l’atlantique, la majorité du fret vient de l’Europe.

Sur la carte de l’Espagne nous gérons les produits secs, nous voulons développer l’hinterland de Bilbao. La Via Atlantica améliore la compétitivité de l’hinterland de Bilbao et du reste de l’Europe.

Nous voulons développer le rail par rapport à la route, pour nous ce projet est d’une importance extrême.


Mériadec Le Mouillour : Directeur général de la CCI Bretagne Ouest

5% du trafic du port de Brest passe par le rail. Nous sommes connectés au port de Rosler et de Cork, il est important d’être connecté au corridor atlantique. Offre une solution économique rapide à l’Irlande. Lien continental le plus proche de l’Irlande.

La Via Atlantica est le complément indispensable, nous avons comme destination le cœur de l’Allemagne et le Piémont italien, constitue la solution logistique globale dont nous avons besoin.

Il y a eu en Bretagne le problème de l’écotaxe, il faut trouver une solution au problème de l’enclavement de la Bretagne, a travers ce projet, on offre une solution logistique à l’Irlande et pour nous de façon à s’incérer dans un dispositif de décarbonisation.


Bernard Barthalay : Economiste et Président de l’association du manifeste continental

Problématique du fret plutôt que du passager, dès qu’il s’agit de l’intercontinental nous ne sommes pas dans le passager. J’établi un lien naturel avec le projet chinois de nouvelle route de la soie/EUBOR, ce projet est terrestre et maritime, vise à relier la Chine, l’Europe et l’Afrique.

Beaucoup de routes s’interrompent à Budapest pour aller vers l’Allemagne Rhénane. D’autres cartes vont jusqu’à Venise, jonction de la voie maritime et terrestre, à partir de Venise tout remonte vers le nord vers l’Allemagne Rhénane. Créerait une désintégration du territoire européen.

La dissymétrie européenne s’accentuerait et faute de volonté forte de la part de ceux qui sont autour de cette table ce serait le versant méditerranéen qui serait négligé et l’extrême atlantique. Il y a dans ce schéma une dérivation qui va vers Paris et vers Anvers.

Dans tout ces cas, une moitié de la France, le centre atlantique, l’Espagne seraient oubliés. Désigne en creux un intérêt commun pour bénéficier des éventuelles remontées du projet EUBOR.

La Transalpine sans la Via Atlantica fait de la route de la soie un cul de sac s’arrêtant à Lyon. Eclate vers le nord et le sud et ne va pas au delà. Touche à l’équilibre du territoire européen. On doit considérer la transalpine et la Via Atlantica comme deux visions qui se complètent.

Il faut restaurer le rôle de carrefour de Lyon, était le point de divergence des routes romaines. Il faut libérer la façade atlantique et le centre français du centralisme parisien par une vaste transversale, il faut casser la toile d’araignée qui congestionne Paris.

Permettrait à l’ensemble du territoire européen de bénéficier du projet EUBOR.

Il faut changer de paradigme, on va vers un régime de croissance qui doit être inclusif et soutenable, le projet de Via Atlantica est intéressant pour cela.


4. Conclusion

Jean-Louis Colson : Chef de Transport Network, DG Move à la Commission Européenne

* Effectue un récapitulatif de ce qui a été dit *

Il y a des choses qui sont utiles pour nous, la partie Nantes – Tours sera incluse normalement dans le corridor atlantique. Plus de moyens seront alloués dans le réseau global. Pour le réseau global nous ferons plus pour les ports du réseau atlantique. Des choses apparaitront, pas de raison de penser que tel ne serait pas le cas, commence à préfigurer et à combler certains des éléments que l’on souhaiterait combler.

Nous commençons à entreprendre des travaux sur le réseau transeuropéen de transport, devrait être terminé en 2020. Il y aura une concertation publique dans laquelle vos arguments pourront être exprimés.

Il ne faut pas oublier que lorsque l’on parle de réseau transeuropéen de transport on se situe dans le conteste de la politique des transports, elle a un élément de politique régionale, le désenclavement. Ce n’est qu’un élément de la politique de transport, il y a d’autres éléments, le concept même de corridor doit correspondre aux flux majeurs de transport de fret et de passager.

La politique des transports dépasse la politique régionale, elle ne peut pas résoudre tous les problèmes régionaux, on peut se poser la question de savoir si la question du massif central doit être résolue par la politique des transports.

La politique des réseaux transeuropéens de transports, peu importe les arguments exprimés doit être une politique permettant aux flux majeurs de se faire dans les meilleures conditions, tous les objectifs de politique régionale ne peuvent pas forcément être pris en compte dans cette discipline.


Antoine Ménégaux : Président de ALTRO

On essaye de mettre en place une étude sur les flux de fret et de voyageurs sur cet axe. Dans l’ensemble il y a un consensus sur ce sujet qui émane du colloque.

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